«La fois où je chantais en anglais sans connaître les paroles»

Cette semaine, c'est la fête du Canada.
Et quand je pense au Canada, je pense évidemment au fameux :
🎵 Oooooohhhh Canadaaaaaa 🎵
Mais je pense aussi à quelque chose d'autre.
Je pense à toutes ces cultures différentes qui cohabitent. À toutes ces personnes qui arrivent avec leur accent, leurs habitudes, leur histoire et qui essaient de trouver leur place.
Et ça me ramène directement à mon enfance.
Mon père habitait à Toronto quand j'étais petite.
Pour moi, ça voulait dire une chose : l'anglais.
Je me souviens d'être assise dans l'auto, de regarder les gens dans la voiture d'à côté et de faire semblant de chanter les chansons en anglais.
Je dis bien faire semblant.
Parce que je ne connaissais absolument pas les paroles.
Je marmonnais n'importe quoi avec beaucoup trop de confiance pour le niveau de compétence réel impliqué.
Mais dans ma tête, j'étais cool.
Pas parce que je chantais bien.
Parce que je parlais «comme eux».
À cet âge-là, parler anglais représentait quelque chose que je n'avais pas encore.
Une façon de faire partie du groupe.
Une façon d'appartenir.
Et avec le recul, je réalise qu'on passe une bonne partie de notre vie à faire ça.
À essayer d'appartenir.
Quand on commence un nouvel emploi.
Quand on change d'industrie.
Quand on devient gestionnaire pour la première fois.
Quand on s'assoit à une table où tout le monde semble savoir exactement ce qu'il fait.
On essaie de parler comme eux.
D'agir comme eux.
D'avoir l'air de savoir ce qu'on fait.
Je me suis revue exactement là-dedans plusieurs années plus tard quand j'ai appliqué sur un poste de directrice de district à London, en Ontario.
Sur papier, j'avais les compétences.
J'avais les résultats.
J'avais l'expérience.
Mais tout à coup, je me retrouvais à devoir évoluer dans ma deuxième langue.
Et même si personne ne remettait mes capacités en question, moi, je le faisais.
Parce que dès qu'on sort de notre terrain connu, c'est souvent la confiance qui prend le premier coup.
Et c'est là que je vois un parallèle avec tellement de propriétaires et de gestionnaires que j'accompagne.
Vous pensez souvent que vos employés manquent de confiance.
Mais bien souvent, ils sont simplement dans un environnement où ils essaient encore de trouver leur place.
- Le nouvel employé qui pose mille questions.
- Le superviseur fraîchement promu qui hésite à intervenir.
- L'employé qui évite certaines responsabilités.
Parfois, ce n'est pas un manque de volonté.
C'est juste quelqu'un qui est encore en train de se demander :
« Est-ce que j'ai ma place ici ? »
Comme leader, on sous-estime souvent l'impact qu'on a sur cette réponse.
Parce que l'appartenance ne se crée pas avec un discours inspirant dans un party de Noël.
Elle se construit dans les petites interactions du quotidien.
Quand quelqu'un pose une question sans se faire juger.
Quand quelqu'un fait une erreur sans se faire étiqueter.
Quand quelqu'un ose essayer quelque chose de nouveau sans avoir peur de se faire ramasser.
C'est souvent là que la confiance commence réellement à grandir.
Cette semaine, je t'invite à réfléchir à ceci :
👉 Dans ton équipe, qui est actuellement en train d'apprendre quelque chose de nouveau ?
👉 Qui est peut-être encore en train de chercher sa place ?
👉 Qu'est-ce que tu pourrais faire concrètement pour l'aider à sentir qu'elle l'a déjà un peu plus qu'elle le pense ?
Parce qu'avant de performer, la majorité des humains ont besoin de sentir qu'ils appartiennent.
Et ça, peu importe qu'ils parlent français, anglais ou un mélange incompréhensible des deux en faisant semblant de connaître les paroles.

Stéphanie-Frédérique
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