Est-ce que c’est grave ou c’est plate?

Il y a une phrase que j’adooooore utiliser avec mes clients :
« Est-ce que c’est grave ou c’est plate? »
Parce que dans une semaine chargée, il suffit parfois d’un imprévu, d’une erreur ou d’un commentaire mal formulé pour qu’une situation plate commence à prendre toute la place.
Un employé oublie de faire un suivi.
C’est plate.
Un client demande une modification pour la troisième fois.
Très plate.
Une rencontre est déplacée à la dernière minute.
Encore plate.
Mais est-ce que c’est grave?
Pas nécessairement.
Notre cerveau ne fait pas toujours la différence
Quand on est fatigué, stressé ou déjà à deux courriels d’exploser, notre cerveau devient beaucoup moins nuancé.
Tout semble plus urgent, plus menaçant et plus personnel.
Le petit irritant du mardi matin peut rapidement devenir :
« Ça n’a pas de bon sens. »
« C’est toujours pareil. »
« Personne ne prend ses responsabilités ici. »
Peut-être.
Mais peut-être aussi que quelqu’un a simplement oublié de joindre un document au courriel.
Avant de partir le gyrophare, ça vaut la peine de vérifier s’il y a réellement un feu.
Plate ne veut pas dire acceptable
Demander « Est-ce que c’est grave ou c’est plate? », ce n’est pas une façon de minimiser les problèmes.
Une situation peut ne pas être grave, mais mériter quand même une conversation.
Un retard isolé, c’est plate.
Des retards répétés qui nuisent aux opérations, c’est un problème.
Une erreur humaine, c’est plate.
La même erreur qui revient malgré plusieurs suivis devient préoccupante.
La question ne sert pas à éviter d’intervenir.
Elle sert à choisir comment intervenir.
Tout ne mérite pas la même réaction
Quand c’est grave, ça demande généralement une action rapide.
Quand c’est plate, ça demande souvent une clarification, un ajustement, une conversation ou simplement un peu de recul.
Parce qu’une entreprise dans laquelle rien de plate n’arrive, ça n’existe pas.
Même avec une équipe compétente.
Même avec de bons processus.
Il va y avoir des erreurs, des malentendus et des journées moins efficaces.
Le danger, c’est lorsque chaque irritant déclenche une réaction intense.
Les employés hésitent alors à reconnaître leurs erreurs. Ils attendent avant de partager une mauvaise nouvelle et passent plus de temps à anticiper la réaction du leader qu’à régler le problème.
Tranquillement, les vraies urgences se mélangent avec les contrariétés ordinaires.
Tout devient prioritaire.
Tout doit être réglé maintenant.
Et à un moment donné, même l’alarme finit par devenir un bruit de fond.
Avant de réagir, pose-toi ces questions
- Est-ce que cette situation crée un risque réel?
- Est-ce un événement isolé ou quelque chose qui se répète?
- Quelles seront les conséquences dans une semaine ou dans un mois?
- Est-ce que je réagis à la situation ou à l’accumulation de ma semaine?
- Est-ce que je dois intervenir maintenant ou revenir sur le sujet plus calmement?
Un bon leader ne banalise pas les enjeux importants.
Mais il ne transforme pas non plus chaque désagrément en catastrophe organisationnelle.
Cette distinction améliore la qualité de tes décisions et de tes communications.
Elle t’évite aussi de dépenser trois heures d’énergie émotionnelle sur quelque chose qui méritait peut-être une conversation de huit minutes.
Alors, la prochaine fois qu’un imprévu arrive, avant de conclure que la journée est officiellement scrap, pose-toi la question :
Est-ce que c’est grave ou c’est juste plate?
Parce qu’une situation peut être vraiment plate sans être une catastrophe.
Et la différence entre les deux devrait aussi faire une différence dans ta façon de réagir.
Bonne réflexion !

Stéphanie-Frédérique
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