Ouf... Je ne fit pas pantoute ici.

Au mois de février, j’ai commencé le pilates.
Pis moi, quand je m’entraîne, on va se le dire,
je suis zéro dans la catégorie «girly pop»🎀💅.
Je suis plus dans la catégorie :
- Gros chandail de gars
- Short
- Pas coiffée
- Pas cute
- Pas de matching set beige latte avec une bouteille Stanley.
La première fois que je suis arrivée à mon cours, ça m’a pris environ 12 secondes réaliser quelque chose :
«Oups. Mon look fit pas pantoute avec la vibe ici.»
Pis la prof m’a regardé avec un petit sourire en disant :
«Première fois ici ?»
😂😂 HAHAHAHAHA
J’ai adoré le cours,
vraiment
J’ai aimé l’ambiance, le rythme, le feeling et les filles étaient fines.
Mais en revenant chez nous, ma mère était là avec mes enfants, pis la première affaire que j’ai dite c’est :
« Ouf. Va falloir que je me trouve des kits un peu plus cute parce que je fit pas pentoute. »
Pis comme toutes les mamans bien intentionnées du monde, son réflexe a été:
« Bin voyons Stéphanie, on s’en fou de ce que les autres pensent. »
Pis je lui ai répondu :
« C’est pas pour les autres. C’est pour moi.
Je me sens comme le mouton noir pis j’aime pas comment ça me fait sentir. »
Et honnêtement ?
La culture d’entreprise, c’est souvent exactement ça.
- Pas juste un code vestimentaire.
- Pas juste des valeurs écrites sur un mur.
- Pas juste des politiques.
Une culture, c’est :
- Les comportements qu’on observe
- Les réactions qu’on reçoit
- Ce qui est valorisé,
- Ce qui est toléré
Pis surtout,
- Ce qui nous fait sentir «dans gang» ou «à côté».
Parce qu’un humain, naturellement, cherche à appartenir.
C’est documenté depuis longtemps en psychologie sociale :
Le sentiment d’appartenance influence énormément nos comportements, notre motivation et même notre niveau d’engagement. Quand quelqu’un sent qu’il «fit» dans un environnement, son cerveau baisse son niveau d’alerte. Il se sent plus en sécurité. Plus à l’aise d’être lui-même. Plus en confiance pour contribuer.
À l’inverse, quand quelqu’un sent constamment qu’il est «off», différent ou en décalage, ça finit par demander énormément d’énergie mentale.
Et ça, les gestionnaires le sous-estiment souvent.
Parce qu’on pense que la culture, c’est ce qu’on dit.
Alors qu’en réalité, la culture, c’est surtout ce que les gens ressentent quand ils arrivent le matin.
Tu peux dire :
«Chez nous, tout le monde peut être soi-même.»
Mais si quelqu’un se fait regarder croche quand :
- Il parle différemment.
- Travaille différemment.
- Pose des questions.
- Admet une erreur.
- Ou ne réagit pas «comme la gang»
Le message réel devient complètement différent.
🚨Pis attention :
ça ne veut pas dire que toute culture est mauvaise parce qu’elle a des codes.
Toutes les cultures ont des codes.
Même mon cours de pilates en avait.
Le problème, ce n’est pas qu’une culture existe.
Le problème, c’est quand les codes sont tellement implicites que les gens doivent les deviner.
Ou pire :
Quand les gestionnaires ne réalisent même pas les comportements qui sont réellement valorisés dans leur équipe.
Parce qu’une culture ne se construit pas avec des affiches.
Elle se construit avec des micro-messages répétés chaque jour.
- Ce que tu encourages.
- Ce que tu laisses passer.
- Ce sur quoi tu réagis.
- Ce sur quoi tu fermes les yeux.
- Les personnes qui ont de l’influence.
- Les comportements qui donnent de l’attention.
- Les attitudes qui permettent «de fitter».
Pis souvent, les nouveaux employés comprennent la culture bien avant qu’on leur explique officiellement.
Ils l’observent, Très vite.
- Qui peut challenger une idée sans se faire ramasser.
- Qui a le droit à l’erreur.
- Qui parle le plus fort.
- Qui se fait écouter.
- Qui est évité.
- Qui est valorisé.
- Qui «fit».
C’est là que la culture se crée.
Pas dans le manuel de l’employé.
Alors si tu veux vraiment travailler ta culture d’entreprise, voici quelques questions concrètes à te poser cette semaine :
- Quand quelqu’un arrive dans votre équipe, qu’est-ce qu’il comprend rapidement sans qu’on lui explique ?
- Quels comportements semblent donner du “capital social” dans votre équipe ?
- Est-ce que vos employés sentent qu’ils doivent jouer un rôle pour fitter ?
- Y a-t-il des profils qui semblent toujours un peu “à côté” du groupe ?
- Est-ce que votre culture encourage réellement ce que vous dites valoriser ?
Pis surtout,
Si quelqu’un observait votre équipe pendant une semaine sans entendre vos valeurs officielles, quelle culture penserait-il que vous avez ?
Parce qu’au final, la vraie culture d’entreprise,
c’est rarement celle qui est écrite, C’est celle qui se vit.
Bonne réflexion et j’espère que ça t’aide ! :)
PS :
Des fois, les zones grises dans une entreprise ne viennent pas d’un manque de volonté.
Elles viennent juste du fait que certaines attentes, limites ou façons de fonctionner n’ont jamais été clairement mises sur la table.
C’est justement pour ça que j’ai créé mes modèles de politiques internes :
Des modèles concrets, humains et modifiables pour que les entreprises puissent les adapter à leur propre réalité.
Le but :
Mettre des mots clairs sur certains sujets avant qu’ils deviennent des frustrations, des malaises ou des conflits.
Tu peux aller voir ça ici :

Stéphanie-Frédérique

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