« C’est juste du gros bon sens. »

C’est une phrase que j’entends tout le temps.
Souvent dite en levant la main, un peu découragé.
Comme pour dire : « Là, j’sais plus quoi faire. »
Pas avec de l’arrogance.
Pas avec de l’impatience.
Avec de la fatigue.
Avec l’impression d’avoir déjà tout expliqué,
pis que ça revient quand même.
Le piège du « c’est évident »
En gestion, le gros bon sens devient souvent une excuse involontaire.
Une excuse pour :
-
ne pas clarifier
-
ne pas structurer
-
ne pas nommer clairement les attentes
-
ne pas avoir les conversations inconfortables
Parce que dans ta tête, c’est clair.
Tellement clair que tu te dis : « Voyons, ça devrait être compris. »
Sauf que ce qui est évident pour toi ne l’est pas pour ton équipe
Toi, tu vois l’ensemble.
Tu connais les enjeux financiers.
Tu vois les conséquences à long terme.
Tu portes la responsabilité.
Ton employé, lui, voit son morceau de la réalité.
Son quart de travail.
Ses priorités du moment.
Ce qu’on lui a explicitement dit ou pas dit.
Résultat :
-
tu penses avoir été clair
-
il pense avoir bien fait
-
et vous êtes tous les deux frustrés
Pas parce que quelqu’un est de mauvaise foi.
Mais parce que vous ne partez pas du même point.
Le gros bon sens, ça ne remplace pas la structure
Dire « c’est du gros bon sens », c’est souvent dire :
-
« J’ai pas pris le temps de le formaliser »
-
« Je m’attends à ce que tu le devines »
-
« On n’a jamais vraiment mis ça noir sur blanc »
Et ça, en gestion, ça coûte cher.
Ça coûte :
-
du temps
-
de l’énergie
-
des reprises
-
des conflits inutiles
-
de la démotivation
Le gros bon sens sans cadre, ça devient flou.
Et le flou, c’est là que les erreurs naissent.
Le vrai gros bon sens, c’est ça
Le vrai gros bon sens en leadership, c’est :
-
nommer clairement les attentes
-
expliquer le pourquoi, pas juste le quoi
-
définir ce qui est prioritaire ET ce qui ne l’est pas
-
répéter, même si tu as l’impression de trop le faire
-
vérifier la compréhension au lieu de présumer
C’est pas compliqué.
Mais ça demande de la rigueur.
Et surtout, ça demande de sortir du: « Ben voyons, c’est évident ».
Une question honnête à te poser
Quand quelque chose dérape, demande-toi ceci :
Est-ce que c’était vraiment du gros bon sens
ou est-ce que c’était juste clair dans ma tête à moi ?
Parce que bien souvent, la différence entre une équipe qui roule et une équipe qui s’essouffle, ce n’est pas la compétence.
C’est la clarté.
Et la clarté, ça se construit.
Ça ne se devine pas.
Bonne réflexion et à la semaine prochaine !

Stéphanie-Frédérique
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